• l'oeil & la plume...  Eden

    texte de marie allègre                                                     dessin egon schiele

     

     

    L’Éden de tes bras et de tes mains
    Ton corps est mon jardin

    Je m’abreuve à ta voix
    Me nourris de ta peau

    Et jamais rien n’égale
    Un instant de tes yeux

    Il me faut te le dire
    Je m’y noie à loisir
    A dessein

    Le dessin de ta bouche
    Miracle de douceur
    Quand tu la poses
    Sur le brasier de mon ventre

    Je n’ai jamais ou presque
    Lu deux fois le même livre
    Mais je pourrais
    Te méditer
    Jusqu’à l’épuisement

    Le goût de ta présence 
    Le parfum de tes mots
    En t’attendant mon cœur
    Ô ma jolie crevure
    Je me régalerai
    Du son de ton absence


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  • l'oeil & la plume... boîte à mots

    texte & illustration Cloé Przyluski

     

     

    J’ai une boîte à mots.

    Avec pleins de mots découpés dedans.

    Quand je l’ouvre, je ne sais pas ce qui adviendra.

    Pas la moindre idée.

    Juste l’envie de mots.

    Où va me mener cette pioche curieuse et attentive ?

    J’écoute l’appel.

    J’attends le tilt.

    Les mots défilent.

    Certains m’appellent.

    Je leur fais honneur.

    Sur la table, un mot, deux mots, trois mots.

    Le sens vient.

    Le message prend vie.

    Toujours quelque chose à dire.

    A chaque fois.

    Chose étonnante.

    Alors je prends et je colle.

     

     

    source 

     


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  • l'oeil & la plume...  au coeur d'un printemps confiné

    texte de lionel mazari                                                              ill. jlmi 2020

     

    Ce qui se passe ?

    Juste un petit retard !

    Juste un monde malade qui boite à sa perte au lieu d’y courir…

    Ne vous inquiétez pas,

    le mal va rentrer dans l’ordre.

     

    Dehors, le carrousel des ambitieux tourne encore avide.

     

     

    in Printemps captif   délit buissonier n°4  publié par la revue Nouveaux Délits


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  • l'oeil & la plume... l’homme fou rêve du blanc

    texte arthur fousse                  ill. jlmi Sous les Nuages / Retour des Hirondelles

      

    malade,

    fou,

    je regardais

    les murs,

      

    il y avait

    bien peu

    de choses

    dans ma vie. 

     

    et dans

    cette folie

    étrange

    où je ne pouvais

    plus boire

    sans que la chair

    se dissolve

    et hurle à sang,

    je restais là

    et regardais

    les murs blancs,

    ces inentamables

    murs blancs qui

    duraient

    et drainaient

    tout. 

     

    le blanc

    semblait

    changer,

    bouger, 

     

    et dans mon délire,

    je voyais

    les rainures

    du radiateur

    coulisser

    comme des pistons

    comme des pythons

    et enlacer les pleins

    et les vides,

    et faire le tour

    du radiateur.

     

    l’asile 

    était toujours fermé.

    je restais là

    et dehors,

    la neige tombait.

     

    la mue d’un sommeil

    éternel tombait,

    le duvet céleste tombait,

    et ces petites gouttes

    de ciel cotonneux

    et de nuage

    fané

    dansaient

    dans le vide

    de l’air.

     

    je pensais

    à d’étranges indolences,

    je ne comprenais rien,

      

    je…sentais…un tel vide prégnant

    qu’il avait pris la place du monde,

    et à peine si j’éprouvais

    à quel point le monde était consistant

    tout comme la réalité.

     

    mais je regardais

    cette neige tomber,

    incessante,

     

    je la regardais

    et c’était calme ; 

     

    c’était comme regarder sa vie de

    l’autre côté de la mort

    dans un repos infirme,

    dans un mutisme profond

    duquel les lèvres du jour

    ne s’ouvriraient jamais.

     

    je me taisais

    et je prenais les médicaments,

     

    et un jour un type  a dit, 

    cette neige

    de quoi est-elle l’usure ? 

     

    je n’en savais rien ;

      

    mais le ciel

    s’émiettait

     

    et dans ce sablier

    éternel et blanc

    sans retour

    nous nous taisions.

    le blanc des murs

    était toute

    notre existence,

     

    nous étions

    une faillite.

     

    mais dans ce silence

    étrange 

     

    nous nous taisions

    et pensions à nos vies

    que la neige

    rendait plus lointaines

    que tout

    et plus belles que jamais,

    là dans l’infirmité de notre présent

    et l’éternité de tout ce blanc

    qui tombe

    et tuait tout.

     

    paru dans Traction Brabant n°83

     

     


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  •  

    l'oeil & la plume... les Phares

    texte de charles baudelaire                                                        ill. michelange

     

    Michel Ange, lieu vague où l’on voit des Hercules

    Se mêler à des Christs et se lever tout droits

    Des fantômes puissants, qui dans les crépuscules

    Déchirent leurs suaires en étirant leurs doigts ;

     

    Colères de boxeurs, imprudences de faunes,

    Toi qui sus ramasser la beauté des goujats,

    Grand cœur gonflé d’orgueil, homme débile et jaune,

    Puget, mélancolique empereur des forçats

     

    Charles Baudelaire / Les Fleurs du mal / les Phares

     

     


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