• le ciseau & la plume... un ruisseau de solitude

    sculpture poétique de jlmi sur Thérèse & Isabelle de Violette Leduc                                                                  ill. jlmi 2012

     

    Faites que la nuit n’engendre pas la nuit.

    J’ai une pieuvre dans le ventre.

    L’amour est une invention épuisante.

    Elle flatte la nuit dans mes cheveux.

    La caresse est au frisson ce que le crépuscule est à l’éclair.

    Je vois sous mes paupières.

    J’écoute la lumière dans la caresse.

    J’entends un déluge de pierres.

    Mon corps prends la lumière du doigt comme le sable prend l’eau

    Puis, des mots soutirés au silence et rendus aux ténèbres de sa patrie de dormeuse.

    L’araignée me happe le sexe.

    Je me veux pierre, une pierre dont les yeux sont des trous

    Je vous regarde , je vous regarde lui crient mes yeux.

    Je suis fondue de chaleur comme un fruit, j’ai le même écoulement de liqueur.

    Mes chairs en lambeaux tombent sur des dentelles et finalement j’entends la rumeur des tragédies antiques.

    Je l’attends avec une pleureuse dans le ventre.

    A l’étroit entre les murs de ma joie, où pourrais-je user le temps ?

    Il tombe du crépuscule dans la traversée de l’essaim de sonorités, le temps guindé à l’horloge me caresse.

    J’entre dans un nuage, c’est une orgie de dangers.

    Elle piaffe dans le lit pendant que par timidité je pose nue dans les ténèbres.

    Je me lance dans un éboulis de tendresse, j’apprends l’infini dans mes formes, la pieuvre dans mes entrailles frémit.

    J’ai de la drogue dans les talons, ma chair visionnaire rêve.

    Je me sens toute neuve. Mon sexe, ma clairière.

    Je me veux une machine qui ne soit pas machinale.

    Je vois avec les yeux de l’esprit la lumière dans sa chair.

    Deux rosaces s’épousent…

     

    Nous créons la fête de l’oubli du temps, nous roulons enlacées sur une pente.

    Nous cessons de respirer pour l’arrêt de vie et l’arrêt de mort.

    Vivantes, allongées, flottantes, séparées, recueillies… qu’il est frais le ruisseau de solitude.

    Nous sommes ruisselantes de lumière.

    L’aube sera notre crépuscule d’une minute à l’autre.

     

     

     

     


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  • 130622 enfants des rues 01contrast2B&W.jpg
    texte de fanny sheper                                                                               ill. jlmi  2013
     

     

    Pauvre gamin à l’audace à peine voilée

    Qui se trimballe dans des rues tailladées,

    Abusant joyeusement des éclats urbains de plastiques

    Des drôles de légendes qui font planer.

    Tes cauchemars sont dans les impasses et les arrières cours

    Où des êtres profanes et maniérés te tendent la main.

    La ville est généreuse mais cadenassée

    Pour les mignons perchés comme toi.

    Il te faudra t’injecter des baisers de douleurs

    Si tu veux grandir comme les vieux.

    Jeune prodige d’une aristocratie mal famée,

    La jeunesse qui traînent dans tes poches

    Est une image branlante sortie du puits organique.

    Du puits organique des amants scabreux qui t’ont oublié au bar.

    J’aimerais que le soir, des chansons enfumées de douceur

    Viennent émerveiller ton âge de splendeur.

    J’aimerais que tu puisses t’évader sur les vagues de la route

    Galope, petit galopin aux grimaces d’ange 

    Car ta sacoche est pleine de chandelles et de rêves

    De chandelles et de rêves

    Qui ne demandent qu’à  jouir de tout.

     

     

     


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