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    texte bruno toméra                                             photo le bélier en crise  2010
     

     

    Elle arrive de loin, du fin fond du grouillant clinquant de la rue piétonne,

    enveloppe flottante de tissu noir avec dessus un bonnet jaune troué

    les gens affairés ou nonchalants s'écartent désorientés par cette apparition

    évadée d'une craquelure d'une toile de Jérôme Bosch.

        - T'as une clope et une petite pièce ?

    Elle pue

    elle n'a pas d'âge

    antiquaire d'elle même

    elle transbahute le présent défraîchi

    dans deux sacs éreintés

    par le poids de l'essentiel capharnaüm

    de l'inutilité.

    Je lui donne la clope et tire de ma

    poche un bifton de cinq euros.

       - Sympa mon gars

         tu veux en siffler un ?

       - Je veux bien.

    Elle sort d'un des cabas

    2 gobelets plastique cradots et un litre entamé

       - Bois mon gars, beau temps aujourd'hui...

    Nous buvons le picrate acide sous le soleil au milieu de l'agitation.

    Je trinque avec la barmaid des enfers et c'est bon.

       - J'aurais vingt piges de moins, je t'aurais fait ton affaire...

         j'étais belle, ça me connaissait les beaux mecs... O des beaux gars...

    Qu'elle rajoute

        - J'en doute pas, madame.

    Elle sourit, des souvenirs clairsemés et joyeux doivent se superposer

    sur les capricieux écrans de sa mémoire.

       - Faut que j'y aille, j'ai des affaires à régler.

    Qu'elle dit d'un coup le regard gelé et perdu dans la nuit

    d'un hiver instantané.

    Elle se barre, trottinant instable sur les pavés

    vers une aléatoire prolongation de l'existence.

    Je la rattrape, lui colle une bise sur la joue

    et lui dit

        - Sûr madame, Vous êtes le meilleur coup de la terre.

     

     

     


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    J’habite une cabane l’autre bord de l’infini
    Où les esprits des animaux viennent gratter à mon châssis.
    Depuis que la guerre est perdue, depuis que mon lit est vide,
    Depuis que le soleil ne se lève plus dans ce pays.

    Si j’avais su ce que je sais maintenant, je t’aurais jamais laissée partir,
    La différence entre bonheur et chagrin se mesure en quelques plaisirs.
    Depuis que ma radio est morte, depuis que j’ai plus de nouvelles,
    Depuis que ce silence n’arrête pas de crier dans mon oreille.

    C’est trop tard pour pardonner,
    C’est trop tard pour faire semblant.
    Ca sera trop tard demain,
    C’est trop tard maintenant.
    Trop tard pour se détacher,
    Pour revenir en arrière,
    Trop tard pour oublier,
    Trop tard pour rien faire.

    J’entend klaxonner les ambulances, des marteaux qui frappent le ciel.
    Je sens un vilain tremblement dans les murs de la citadelle.
    Depuis que je suis indiffèrent, depuis que je m’en fout pas mal.
    Le temps est lent à passer, je ferme mes yeux et je m’endors.

    C’est trop tard pour pardonner,
    C’est trop tard pour faire semblant.
    Ca sera trop tard demain,
    C’est trop tard maintenant.
    Trop tard pour se détacher,
    Pour revenir en arrière,
    Trop tard pour oublier,
    Trop tard pour rien faire.

    Je prendrai l’amour entre mes mains pour faire une petite boule,
    La garocher travers l’univers jusqu’à ce que je la vois plus.
    Depuis que la ville est tombée, depuis que mon coeur brûle,
    J’arrive pas à m’empêcher de danser comme un fou.

     

     


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    texte de werner lambersy                                                    collage  jlmi  2013
     

     

    Quand la mer était

    Partout j’étais

    Dedans

     

    Quand l’air fut tout

    Autour j’étais

    Dedans

     

    Quand l’herbe

    Et les animaux sont

    Apparus

     

    J’étais dedans aussi

     

    Puis l’homme

    A pris beaucoup de

    Place

     

    Avec la tombe dont

    Il reste seul à

    S’occuper

     

    Et l’âme

    Qu’il veut pour lui

    Tout seul

     

    Quand l’univers

    A l’autre

    Bout des lorgnettes

     

    Se vide dans l’éther

     

     


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    It's All Over Now, Baby Blue

    Tout est fini maintenant, triste petite

    You must leave now, take what you need, you think will last.
    But whatever you wish to keep, you better grab it fast.
    Yonder stands your orphan with his gun,
    Crying like a fire in the sun.
    Look out the saints are comin' through
    And it's all over now, Baby Blue.

    Tu dois partir maintenant, prends ce dont tu as besoin, ce que tu crois durable.
    Mais quoi que tu veuilles garder, tu ferais mieux de t'en emparer vite.
    Là-bas se tient ton orphelin, avec son fusil,
    Il pleure comme un feu dans le soleil.
    Regarde, les saints arrivent enfin
    Et tout est fini maintenant, triste petite.

    The highway is for gamblers, better use your sense.
    Take what you have gathered from coincidence.
    The empty-handed painter from your streets
    Is drawing crazy patterns on your sheets.
    This sky, too, is folding under you
    And it's all over now, Baby Blue.

    La route est pour les joueurs, sers-toi de ta tête.
    Prends ce que tu as rassemblé par coïncidence.
    Le peintre aux mains vides de tes rues
    Orne tes draps de dessins fous.
    Ce ciel, aussi, se replie sous toi
    Et tout est fini maintenant, triste petite.

    All your seasick sailors, they are rowing home.
    All your reindeer armies, are all going home.
    The lover who just walked out your door
    Has taken all his blankets from the floor.
    The carpet, too, is moving under you
    And it's all over now, Baby Blue.

    Tous tes marins au mal de mer, ils rament vers leurs maisons.
    Toutes tes armées de rennes, rentrent toutes à la maison.
    L'amant qui vient de sortir par ta porte
    A retiré toutes ses couettes du plancher.
    Le tapis, lui aussi, bouge sous tes pas
    Et tout est fini maintenant, triste petite.

    Leave your stepping stones behind, something calls for you.
    Forget the dead you've left, they will not follow you.
    The vagabond who's rapping at your door
    Is standing in the clothes that you once wore.
    Strike another match, go start anew
    And it's all over now, Baby Blue.

    Abandonne tes pierres de gué, quelque chose t'appelle.
    Oublie les morts que tu as laissés, ils ne te suivront pas.
    Le vagabond qui frappe à ta porte
    Est vêtu des hardes que tu as portées autrefois.
    Gratte une autre allumette, essaie à nouveau
    Car tout est fini maintenant, triste petite.

     

    traduction de Pierre Mercy et François Guillez

    qu'ils soient ici remerciés

     


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    Cathy Garcia a plaisir encore cette année de présenter 15 de ses œuvres

     

    pour le P'tit Marché des Arts Hors Normes  avec 24 autres artistes !

     

     

     

    A5 flyers verso.jpg

     

     

     

     


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