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    avec 15 illustrations originales de l’auteur

     

     

    "Titubant dans l'escalier liquide
    des rails luisants du tram T3,
    un bel ivrogne nommé Désir
    voyage aux portes de la nuit.
    Oiseau nocturne à bec de bois
    il brûle de la grande soif amère
    et mord la pluie,
    une pluie lasse de pleuvoir.
    Sa solitude hirsute transpire
    en mille éclats de visages fatigués
    dans le miroir de l’incognito."

     

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    Édité et imprimé par l’Association Nouveaux Délits

    Sur papier calcaire 100 g

    Couverture 250 g

     100 % recyclé

    Dépôt légal : septembre 2020

     

    12 € + 2,50 € de port

     

    à commander à l'Association Nouveaux Délits

    Letou

    46330 St CIRQ-LAPOPIE

     

     


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  • l'oeil & la plume...    Ryoan ji Blues

    texte & ill. jlmi

     

     

     

    I

     

    Au milieu du sanctuaire,

    par un jour de pluie,

    le Bouddha resplendit

    sous un grand chapeau de femme.

     

    Extrême gravité du bonze en zazen,

    du silence sur les mains.

    Toutes ses veines balbutient

    sous la peau parchemin.

     

    Sur la terrasse

    de teck du temple

    un peintre dont la vue s’obscurcit,

    paupières qui palpitent, peint

    en rides runiques

    un résineux, épis bleu violet

    dans les rochers nus ;

    image qui bouge dans le pinceau souvenirs.

    Le goyo matsu,

    n’a de couleur ni ancienne ni moderne.

     

    Poésie du bonsaï bunjingi

    nu derrière la fenêtre…

    … une cloche de bambou claquette

    la caresse d’un souffle.

     

     

    Murmure de mots interdits à l’oreille,

    des dormeurs qui vécurent,

    béquilles de brume fondues,

    tout est beau dans la pénombre.

     

    La hache et le coin…

    Répondre ? …

    Depuis toujours les oiseaux ont peur des chutes de pierre.

     

    *****

     

    II

     

    Au milieu du sanctuaire

    par une nuit de pleine lune,

    le Bouddha sourit

    des larmes de lotus.

     

    Extrême gravité du bonze en zazen,

    du silence sur les mains.

    Dans l’ombre sombre du dojo

    plus rien ne vit.

     

    Sur la terrasse

    de teck du temple

    un peintre a éteint l’éclat

    de ses yeux las

    sans déranger une étoile.

    En contre-point de ses encres

    du linge sèche.

    Les aquarelles de lumière

    ne se font plus que sur les pierres du jardin

    qui n’ont de couleur ni ancienne, ni moderne.

     

    Poésie du bonsaï bunjingi

    nu derrière la fenêtre…

    … au kansaï hibachi, le charbon de bois rougeoie

    l’éclat d’un rêve.

     

    Murmure des mots d’accès aux univers

    sans fin, réservoirs sans fond

    d’éternité pour jours ultimes

    sous la protection du silence.

     

    Le fluant et l’immuable…

    Répondre ?

     

    Depuis toujours les pierres ont peur des chutes d’oiseaux.

     

     

    ****

     

    III

     

     

    Au milieu du sanctuaire

    par un jour plein de nuit

    le Bouddha se rit

    de l’offense d’une fiente

     

    Extrême gravité du bonze en zazen,

    du silence sur les mains.

    Son fleuve passe

    sous le pont des brouillards

     

    Sur la terrasse

    de teck du temple

    un vieil aveugle

    assis, immobile

    fixe le jardin

    de ses yeux blanchis.

    Le chant des sphères lui raconte

    les 7 couleurs à  quoi penser.

    Mais seules sont ses encres

    qui n’ont de couleur ni ancienne, ni moderne.

     

    Poésie du bonsaï bunjingi

    nu derrière la fenêtre…

    … par bribes, un mantra

    récité d’une voix gutturale.

     

    Murmure de mots immortels

    qui n’ont jamais existé

    qu’ici et maintenant.

    Plus de langage, rien.

     

    Le trait ou la page

    Répondre ?

     

    Depuis toujours les oiseaux de pierres ont peur des chutes.

     

    ***

     

    bunjingi : forme de bonsaï dite du lettré (la plante de l'illustration n'a pas cette forme)

    dojo : salle

    goyo matsu : pinus pentaphilla, pin

    kansaï hibachi : brasero de la région de Kyoto

    zazen : position assise de méditation

     


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  • l'oeil & la plume... de l'autre côté du tirloire

    texte de isabelle le gouic                                                               ill. jlmi  2014

     

    En cette frisselière journée du mois de narcicédille, Jeanjean aroubissait lentement sur la route borsifiée de grands tronchênes enlaçés. Les roues de sa lonchenille scouintaient tintillamment et raffrénaient sa pargession.

     

    Au détour d'un tirloire, Jeanjean visuffla une chimière perchopée sur une brolline. Lursieux, il quitta la chemie principale et s'engafoula sur un serpinentier étroit. Il visufflait de loin la casetière d'où s'échirlait une épaisse estouffinade. Les narines de Jeanjean se rissaient à chaque époumation. Il n'était plus qu'à donze décipas de la chimière. Blâché derrière un immense tronchêne, il desgourdit de sa lonchenille, l'adossa au bron et se galancha dans l'herburage humide. Rien ne clissait, pas même un fafellement de mouche.

     

    Après viz bonnes répinades, galanché dans la bourdière, Jeanjean se rebuqua glissivement, se friga virulement les digitoires et aroubissa vers la casetière. On n'échointait toujours pas la moindre clissade et Jeanjean s'intergrugea sur la trépence ou non de bonomidés. Il claquetta à la vistule, attendit une courte répinade, et débucla fissamment l'operclude.

    A sa grande surbitude, il visuffla un couple de borluques assoupis. Dans un brouffin, tout près de ses bargans, dodofallait un borluquet. Une bollicieuse estouffinade de siandre aux lampignards s'échirlait dans la chimière. Les groix bonomidés ne se déclurent pas un instant de la trépence de l'estraclé à leurs boltrés.

    Pendant qu'ils dodofallaient, Jeanjean s'esclipa dans la chandrine voisine et chaffourgna dans la lomogne en bois de tronchêne, tirleton après tirleton, puis il souleva le batoula du droc à balfraguand où il griba un rétignable prégord  dans le grommier : Groix bracadets en roncille, breux alludines en doc de cille, viz rouloques triclées de céphir et quelques claisses de roncille et d'agréban  en doire à col de gerte. Jeanjean se gargucha les padoches jusqu'au bloc et s'esclipa de la chimière à toutes lambades. Il se drua jusqu'à sa lonchenille et dispaga derrière le tirloire.

     

    C'était une belle brancolte pour lui. Il était vahiaire de son caribolage et avait le sourire jusqu'aux ourlières. Quelques décimades plus tard, il fourperait les bracadets à son tontord Hector qui tient un madraguin d'andigues et de jateaux. Les alludines en doc de cille visèreraient sa frasine Léonne. Quant aux rouloques, ils les banqueriserait à Gaston et Alban, des briguedands qui reclendaient la roncille et l'agréban.

     

    Pendant ce tournevent, le couple de borluques sortit de son dodofallement et visuffla avec esbroi les tirletons écharbis de la chandrine et le batoula du droc tout regourné. Ils gébrirent, poussèrent des ruques aigus par la vistule mais c’était déjà trop estardi. Le cambronneur avait disperdu dans la vatoire.

     

    Jeanjean perniffla plus tard à Hector et à Léonne qu'il avait rabulé tous ces jolicadilles au pied d'un tronchêne en se ballassant. Il garda toute sa vie la vrédigable histée de ce caribolage pour lui.

     

     


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    avec 15 illustrations originales de l’auteur

     

     

    "Titubant dans l'escalier liquide
    des rails luisants du tram T3,
    un bel ivrogne nommé Désir
    voyage aux portes de la nuit.
    Oiseau nocturne à bec de bois
    il brûle de la grande soif amère
    et mord la pluie,
    une pluie lasse de pleuvoir.
    Sa solitude hirsute transpire
    en mille éclats de visages fatigués
    dans le miroir de l’incognito."

     

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    Édité et imprimé par l’Association Nouveaux Délits

    Sur papier calcaire 100 g

    Couverture 250 g

     100 % recyclé

    Dépôt légal : septembre 2020

     

    12 € + 2,50 € de port

     

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  • l'oeil & la plume... quête

    texte de bruno toméra                                                                 ill. jlmi 2017

     

     

    Puis la passion de st Matthieu quand Bach
    Tord sa baguette sur ma bouteille d'alcool
    Où je loge ce bobard solitaire que je me distille
    Sous la nuit bleu pétrole avec ce ticket de caisse
    De la vie dans le ventre vide d'un vieux sac
    De supermarché s'enfuyant affolé au travers de la ville,
    Ce sans vous, ce sans ils, cette bile acide au gris matin
    Sur mes chaussures faisandées,
    Fais longtemps que j'ai pas tiré un coup
    Dans le kleenex immaculé des poètes enrhumés,
    Nettoyer ses rides devant le miroir fêlé de la prestance,
    Allumer la énième clope, cracher quelques éponges,
    Chauffer le sénile diesel et foncer
    Pare-choc contre pare-choc
    A cinquante et un kilomètres heure
    dans le tohu-bohu bohu de l'existence
    Vers l'impérieuse quête du saint Graal
    De l'amour inventé sur des guibolles fermes et blanches
    Pour s'abreuver au néant de la biologique nécessité
    d'une chatte bien chaude,
    Et c'est pas gagné.

     

     


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