• l'oeil & la plume... si tu viens

    texte de lucie delarue-mardus                                                       ill. jlmi 2019*

     

    Si tu viens, je prendrai tes lèvres dès la porte,

    Nous irons sans parler dans l'ombre et les coussins,

    Je t'y ferai tomber, longue comme une morte,

    Et, passionnément, je chercherai tes seins.

     

    A travers ton bouquet de corsage, ma bouche

    Prendra leur pointe nue et rose entre deux fleurs,

    Et t'écoutant gémir du baiser qui les touche,

    Je te désirerai, jusqu'aux pleurs, jusqu'aux pleurs!

     

    -Or, les lèvres au sein, je veux que ma main droite

    Fasse vibrer ton corps -instrument sans défaut -

    Que tout l'art de l'Amour inspiré de Sapho

    Exalte cette chair sensible intime et moite.

     

    Mais quand le difficile et terrible plaisir

    Te cambrera, livrée, éperdûment ouverte,

    Puissé-je retenir l'élan fou du désir

    Qui crispera mes doigts contre col inerte!

     

    in Nos amours secrètes   (1902-1905)

    * base photos de ldm de 1905 coll. félix potin n°3 + the kiss de clarence h. white de 1904

     


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  • 001.jpg

     

    avec 15 illustrations originales de l’auteur

     

     

    "Titubant dans l'escalier liquide
    des rails luisants du tram T3,
    un bel ivrogne nommé Désir
    voyage aux portes de la nuit.
    Oiseau nocturne à bec de bois
    il brûle de la grande soif amère
    et mord la pluie,
    une pluie lasse de pleuvoir.
    Sa solitude hirsute transpire
    en mille éclats de visages fatigués
    dans le miroir de l’incognito."

     

    txt02b2.jpg

    Édité et imprimé par l’Association Nouveaux Délits

    Sur papier calcaire 100 g

    Couverture 250 g

     100 % recyclé

    Dépôt légal : septembre 2020

     

    12 € + 2,50 € de port

     

    à commander à l'Association Nouveaux Délits

    Letou

    46330 St CIRQ-LAPOPIE

     

     


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    avec 15 illustrations originales de l’auteur

     

     

    "Titubant dans l'escalier liquide
    des rails luisants du tram T3,
    un bel ivrogne nommé Désir
    voyage aux portes de la nuit.
    Oiseau nocturne à bec de bois
    il brûle de la grande soif amère
    et mord la pluie,
    une pluie lasse de pleuvoir.
    Sa solitude hirsute transpire
    en mille éclats de visages fatigués
    dans le miroir de l’incognito."

     

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    Édité et imprimé par l’Association Nouveaux Délits

    Sur papier calcaire 100 g

    Couverture 250 g

     100 % recyclé

    Dépôt légal : septembre 2020

     

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  • l'oeil & la plume... descente dans l'infini

    texte de jean jaurès                                                                     ill. jlmi  2019

     

    Dans cette architecture étrange qu'on appelle la matière, nous avons beau descendre vers les fondements, nous ne trouvons point une assiette fixe : les pierres que l'on croyait fondamentales entrent en mouvement ; elles entrent en danse, et c'est sur des tourbillons subtils que repose jusqu'ici l'édifice solide du monde. Mais, descendons plus bas encore, et au-dessous même de l'atome ; l'atome, dit-on, est un tourbillon d'éther ; c'est donc l'éther qui va être la matière première, le substratum définitif de tous les mouvements ; soit, mais l'éther lui-même, dans son apparence d'immuable sérénité, est traversé de mouvements innombrables ; tous les rayonnements de lumière et de chaleur, tous les courants et tous les jets d'électricité et de magnétisme, tous les mouvements qui correspondent dans les corps aux phénomènes de la pesanteur et, dans les composés chimiques, aux phénomènes de l'affinité émeuvent   incessamment l'éther ; et appuyer le monde sur l'éther, c'est l'appuyer sur une mer de mouvements immenses et aux vagues toujours remuées. Il faut bien pourtant que les mouvements de l'univers soient les mouvements de quelque chose ; il faut bien qu'il y ait une réalité en mouvement, une substance du mouvement.

     

    Je ne sais pas où il faut s'arrêter ; je ne sais pas s'il faut s'arrêter ou descendre encore.

     

     


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