• texte francis cabrel                                                               ill. noirot le chat

     

    C'est le silence
    Qui se remarque le plus
    Les volets roulants tous descendus
    De l'herbe ancienne
    Dans les bacs à fleurs
    Sur les balcons
    On doit être hors-saison

    La mer quand même
    Dans ses rouleaux continue
    Son même thème
    Sa chanson vide et têtue
    Pour quelques ombres perdues
    Sous des capuchons
    On doit être hors-saison

    Le vent transperce
    Ces trop longues avenues
    Quelqu'un cherche une adresse inconnue
    Et le courrier déborde
    Au seuil des pavillons
    On doit être hors-saison

    Une ville se fâne
    Dans les brouillards salés
    La colère océane est trop près
    Les tourments la condamnent
    Aux écrans de fumée
    Personne ne s'éloigne du quai

    On pourrait tout prendre
    Les murs, les jardins, les rues
    On pourrait mettre
    Aux boîtes aux lettres nos prénoms dessus
    Ou bien peut-être un jour
    Les gens reviendront
    On doit être hors-saison

    La mer quand même
    Dans ses rouleaux continue
    Son même thème
    Sa chanson vide "où es-tu ?"
    Tout mon courrier déborde
    Au seuil de ton pavillon
    On doit être hors-saison...

    Une ville se fâne
    Dans les brouillards salés
    La colère océane est trop près
    Les tourments la condamnent
    Aux écrans de fumée
    Personne ne s'éloigne du quai

     

     


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  • l'oreille d'un sourd... Thrène à la mémoire des victimes d'Hiroshima

     


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  • l'oeil & la plume... la vie n'arrive jamais plus tard

    texte & "48 figures noires"  jlmi

     

    Ce soir le bleu est noir. Hors saison. 

    Dans ce large mouvement d’obscurité les étoiles exténuées s’abreuvent à la sève des pierres.  Là-bas, loin, où naît la rumeur,

    des visages de cuir et d’os aux sourires de méduses stupéfiées surgissent

    d’une brume minérale portés par la lumière glacée de l’insupportable du réel. 

    Leurs vies-routines marketées consuméristes de A à Z se lisent telle une fresque faïencée aux désallures de Sixtine profane profanée dans les tons essentiels du temps solide.

    Tout tenter pour faire moins de bruit que le silence.

    Jusqu’aux errances…

    De troquets en bistrots au cœur des odeurs rances de vinasse et de fermentation de vieilles sueurs aigres et de fonds de calbutes cirés.

    Perdu, seul, dans une lumière blette et grasse parmi cette multitude de ruines écorchées vives de la vie faces cachées compagnes et compagnons miroirs porteurs d’orgueil qui au temps du viol ont refusé d’ouvrir les jambes et de jouir de l’inéluctable.

    Spectres en suspens, d’une subliminale beauté gravée dans la chair.

    Cueillir là la lueur aveuglante de l’explosion du vide du monde invisible lors du passage à l’âge.

    Rien n’est plus réel qu’un mirage.

    La vie n’arrive jamais plus tard

    seule la mort décide de notre avenir...

     

    in les Preuves incertaines

     


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  • à noter que lors de cette prestation, la soprano, autodidacte jusqu'à sa découverte à 9 ans lors d'un TV crochet avec une interprétation de O mio babbino caro, n'a que 13 ans.

     

     


     


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  • l'oeil & la plume... Lodève

    texte cathy garcia 2008                                                                ill. jlmi 2019

     

     

    Arrivée par le prieuré de Grandmont en croisant un mariage bruyant à pavillon catalan. Lodève… hallucinant. Tentée d’y échapper.

    Découverte d’un festival. Incroyable concept de poésie. J’aime ? Je n’aime pas ?

    Les Vanneaux passent et repassent, le visage de Marcel comme un clin d’œil et un pincement au cœur. Des noms connus, inconnus. Des airs - des looks ?  - de poètes.

    Et moi ? Poète ? De quoi ? Pourquoi ?

    Festival de questions.

    Organisateurs infirmiers pour fous des mots.

    Festival de nourriture. Ventre. Tête. Cœur ?

    Je suis poète de passage, courant d’air sans étiquette. Chut ! Poète sans badge.

    La poésie se porte t’elle ?

    Couloir du marché de la poésie. A vendre, vendre, acheter, acheter.

    Marchés, festivals. Concentrationnaires.

    Où est la poésie ? Dans l’air ? Un sourire ? Un regard ?

    Une absurdité qui brise l’œuf du temps.

    Lodève, l’eau d’Ève, voix de la Méditerranée, bien des trésors sans doute à trouver, cachés loin des scènes où festivalière, la poésie est cantonnée. Des lieux disséminés mais ici même, à cette table, dans cette ruelle, comment se vit-elle ?

    Nappe orange satin. Brouhaha des gens réunis. Douceur d’une soirée de juillet.

    Innombrables visages mais beaucoup de portables collés.

     

    Changement de point d’observation. « Soleil bleu », six cafés d’origine différente annoncés… Une fois installés, je consulte la carte :

    -          expresso

    -          café allongé

    -          café crème

    -          noisette

    -          décaféiné

    Un chat roux cavale aller-retour, son quartier envahi à l’heure de sa sortie. Chat déboussolé, un peu poète non ?

    Jupes. Jupes à fleurs, rayés, longs jupons, courtes et serrées comme un café, jeunes filles, vieilles jeunettes. Shorts et pantalons. Sandales et mocassins. Toutes et tous rôdent, flânent, après les mots. Les mots rebonds.

     

    in Calepins voyageurs & après ?

     


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