• texte cathy garcia                                                                              ill jlmi

     

     

    Peau laine de fleurs   
    Peau de rose douce
    Peau pierre      
    Peau source     
    Peau de vie      
    Peau sature      
    Satin de l’âme

    Peau êtes-vous 
    Peau éthique ?  

    Et pourquoi pas…

    Peau tarie condamnée       
    A jouer baballe au nez       
    Peau mélo sous acide
    Sous la peau terne
    Peau cédée      
    Peau teint 
    De tous les diables    

    Peau de vin      
    Trop peau lit     
    Peau lissée
    Peau lithique    
    Peau pourrie     

    Peau rage rouge       
    Oriflamme oripeau    
    Peau pue l’air   
    Entassée asphyxiée   
    Pauvre trou
    Peau

    Peau cible la quitter   
    Pourquoi peau ? 
     

     

     


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    l'oeil & la plume... ainsi va le monde III

    texte jlmi                                                         ''un monde bétonné"  ill. x   

     

    ... litanie sans fin...

     

    Dans un Rwanda abandonné

    Par les politiciens français

    J’ai vu les Tutsis découpés

     

    Dans un Japon tsunamisé

    J’ai vu Fuku atomisée

    Et les autorités collées

     

    Dans un Irak grave agressé

    J’ai vu les Bush jouer les bouchers

    Pour de vastes champs pétroliers

     

    Dans cet Irak ricanisé

    J’ai vu un Saddam strangulé

    Après une justice parodiée

     

    Dans une Lybie manipulée

    J’ai vu Khadafi trucidé

    A bord d’un truck banalisé

     

    Par des Talibans chariabêtés

    J’ai vu des femmes lapidées

    Du simple fait d’avoir aimé

     

    J’ai vu un califat créé

    Pour une terreur mondialisée

    Grâce aux dollars pétroliers

     

    J’ai vu les meurtres multipliés

    Par cet Islam dégénéré

    En une charia digne des Croisés

     

    J’ai vu aux écrans de télé

    Paris, Nice, Londres endeuillées

    Et Daech tout revendiquer

     

    Au Kurdistan daechisé

    J’ai vu des femmes aux bras armés

    Gagner bravement leur liberté

     

    Après des mois de luttes armées

    Daech fut dit éradiqué

    Mais comme mercure éparpillé

     

    Dans un Sri Lanka médusé,

    J’ai vu trois cent chrétiens dynamités

    Par ce Daech éradiqué

     

    Dans un Yémen très agité

    J’ai vu des enfants affamés

    & des chefs de guerre grassouillets

     

    En Syrie par Bachar opprimée

    J’ai vu un peuple martyrgazé

    Et beaucoup trop de villes rasées

     

    Sur la belle Méditerranée

    J’ai vu des esquifs par milliers

    Et notre Europe les repousser

     

    Alors sur la belle mer, atterré,

    J’ai vu des noyés par milliers

    Et des politiques satisfaits

     

    Pire, sur une plage abandonnée

    J’ai vu en enfant mort échoué

    Et sa photo trop diffusée

     

    Dans une Europe tétanisée

    J’ai vu l’extrême droite progresser

    Puis au pouvoir ré-accéder

     

    Dans une Amérique déjantée

    J’ai vu des jeunes suréquipés

    Leurs camarades assassiner

     

    Dans une Amérique momifiée

    J’ai vu un Trump éructer

    L’érection d’un mur frontalier

     

    Dans une France prise de nausées

    J’ai vu un Macron s’faufiler

    Et l’Isf vite supprimé

     

    Après avoir prévariqué

    J’ai vu Bibi ré-adoubé

    Pour une Palestine toujours niée

     

    Par une croissance débridée

    J’ai vu la planète s’échauffer

    Et les politiques s’étriper

     

    Pour cette planète si maltraitée

    Face aux politiques lâchetés

    J’ai vu une gamine se dresser

     

    Notre Dame partie en fumée

    J’ai vu les bourses se délier

    Pinault, Arnaud, d'autres abonder

    Et des sommes folles foisonner

     

    Dans ce pays procédurier

    J’ai vu un Lambert transformé

    Depuis dix ans en supplicié

     

     

     

    J'ai vu tout çà à la télé

    le cul collé au canapé.

    J'ai vu tout ça à la télé

    mais quel petit doigt ai-je levé ?

     

    Alors, prendre plume j'ai décidé !

    Mais une fois de plus sans espérer...

     

     


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  • l'oeil & la plume... le java des bombes atomiques

    texte boris vian                                                                  photo x hiroshima

     

    Mon oncle un fameux bricoleur
    Faisait en amateur des bombes atomiques
    Sans avoir jamais rien appris
    C’était un vrai génie question travaux pratiques
    Il s’enfermait toute la journée
    Au fond de son atelier pour faire ses expériences
    Et le soir il rentrait chez nous
    Et nous mettait en transes
    En nous racontant tout:
    “Pour fabriquer une bombe “A”
    Mes enfants croyez-moi
    C’est vraiment de la tarte
    La question du détonateur
    Se résout en un quart d’heure

    C’est de celles qu’on écarte
    En ce qui concerne la bombe “H’
    C’est pas beaucoup plus vache
    Mais une chose me tourmente
    C’est que celles de ma fabrication
    N’ont qu’un rayon d’action
    De trois mètres cinquante
    Il y a quelque chose qui cloche là-dedans
    J’y retourne immédiatement !”

    Il a bossé pendant des jours
    Tachant avec amour d’améliorer le modèle
    Quand il déjeunait avec nous
    Il dévorait d’un coup sa soupe aux vermicelles
    On voyait à son air féroce
    Qu’il tombait sur un os
    Mais on n’osait rien dire
    Et puis un soir pendant le repas
    Voilà Tonton qui soupire et qui s’écrie comme ça:

    “À mesure que je deviens vieux
    Je m’en aperçois mieux
    J’ai le cerveau qui flanche.
    Soyons sérieux, disons le mot
    C’est même plus un cerveau
    C’est comme de la sauce blanche

    Voilà des mois et des années
    Que j’essaie d’augmenter
    La portée de ma bombe
    Et je ne me suis pas rendu compte
    Que la seule chose qui compte
    C’est l’endroit où elle tombe
    Il y a quelque chose qui cloche là-dedans
    J’y retourne immédiatement

    Sachant proche le résultat
    Tous les grands chefs d’état
    Lui ont rendu visite
    Il les reçut et s’excusa de ce que sa cagna
    Était aussi petite
    Mais sitôt qu’ils sont tous entrés
    Il les a enfermés en disant “soyez sages”
    Et quand la bombe a explosé
    De tous ces personnages il n’est plus rien resté

    Tonton devant ce résultat ne se dégonfla pas
    Et joua les andouilles
    Au tribunal on l’a traîné et devant les jurés
    Le voilà qui bafouille:
    “Messieurs c’est un hasard affreux
    Mais je jure devant Dieu
    Qu’en mon âme et conscience

    En détruisant tous ces tordus
    Je suis bien convaincu
    D’avoir servi la France”
    On était dans l’embarras
    Alors on le condamna et puis on l’amnistia
    Et le pays reconnaissant l’élut immédiatement
    Chef du gouvernement.

     

     


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    Menuhin Competition 2018, Closing Gala

    co-lauréate du prix, Chloe Chua a 11 ans

    l'évaluation se faisait sur le jeu et la conduite d'orchestre

     

     

     


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  • texte cathy garcia                                                                     ill. jlmi 2014

     

    Des larmes se déchirent sur l'archet d'un violon discordant mais voici que du brouillard, montent des accords de fête. Vieux trombone et percussions tanguent sur les pas d'un accordéon. Cortège fragile, si vite dissipé par les accords graves et lourds du piano. Des lumières flottent dans le néant, c'est la noria des atomes. Des créatures de boue et de nuit se redressent, dégoulinantes. Lentement les unes après les autres, elles se lèvent et commencent à marcher. 

    L’aube originelle se fraye un chemin au travers les ténèbres contractées, elle en émerge enfin, écorchée, écarlate. La pluie se mêle à la lumière. Noces sanguines pour baigner la nouvelle-née. Une flûte insolente marque le début d'une danse. La nuit grouillante de cauchemars est refoulée à l’angle de l’oubli. Les fleurs ont remplacé la boue, c'est la naissance de l'amour ! Une guitare romantique glisse des lueurs de bonheur dans les regards tout juste éclos. Les doigts se frôlent en tremblant, tout à la joie de l'éveil. Les hanches se balancent au rythme d'une houle langoureuse qui monte à la gorge pour jaillir, champagne, en rires empourprés. Instant magique, unions des cœurs sous les eaux caressantes d'une seule et même chanson, celle du temps qui nous reste à vivre, berçant nos tendres illusions et portant sur nos lèvres l’étrange sourire de ces enfants, qui disparaissent avant même d'avoir vécu. Le vertige des années qui glissent sur une partition ponctuée de silences. Le vieux musicien sait que sa musique tient à un fil. Au fil ténu d'une respiration, le premier chant du monde, mais les vieux musiciens au fond des bars sont fatigués. Leur regard fiévreux brille. Au fond des verres gisent des larmes d'alcool. Tout se trouble. Il est tard et la musique s'estompe. 

     

     

     


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