• l'oeil & la plume... Lodève

    texte cathy garcia 2008                                                                ill. jlmi 2019

     

     

    Arrivée par le prieuré de Grandmont en croisant un mariage bruyant à pavillon catalan. Lodève… hallucinant. Tentée d’y échapper.

    Découverte d’un festival. Incroyable concept de poésie. J’aime ? Je n’aime pas ?

    Les Vanneaux passent et repassent, le visage de Marcel comme un clin d’œil et un pincement au cœur. Des noms connus, inconnus. Des airs - des looks ?  - de poètes.

    Et moi ? Poète ? De quoi ? Pourquoi ?

    Festival de questions.

    Organisateurs infirmiers pour fous des mots.

    Festival de nourriture. Ventre. Tête. Cœur ?

    Je suis poète de passage, courant d’air sans étiquette. Chut ! Poète sans badge.

    La poésie se porte t’elle ?

    Couloir du marché de la poésie. A vendre, vendre, acheter, acheter.

    Marchés, festivals. Concentrationnaires.

    Où est la poésie ? Dans l’air ? Un sourire ? Un regard ?

    Une absurdité qui brise l’œuf du temps.

    Lodève, l’eau d’Ève, voix de la Méditerranée, bien des trésors sans doute à trouver, cachés loin des scènes où festivalière, la poésie est cantonnée. Des lieux disséminés mais ici même, à cette table, dans cette ruelle, comment se vit-elle ?

    Nappe orange satin. Brouhaha des gens réunis. Douceur d’une soirée de juillet.

    Innombrables visages mais beaucoup de portables collés.

     

    Changement de point d’observation. « Soleil bleu », six cafés d’origine différente annoncés… Une fois installés, je consulte la carte :

    -          expresso

    -          café allongé

    -          café crème

    -          noisette

    -          décaféiné

    Un chat roux cavale aller-retour, son quartier envahi à l’heure de sa sortie. Chat déboussolé, un peu poète non ?

    Jupes. Jupes à fleurs, rayés, longs jupons, courtes et serrées comme un café, jeunes filles, vieilles jeunettes. Shorts et pantalons. Sandales et mocassins. Toutes et tous rôdent, flânent, après les mots. Les mots rebonds.

     

    in Calepins voyageurs & après ?

     


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  • l'eoil, l'oreille & la plume... les mots bleus

    texte & musique christophe... chant alain bashung... ill. jlmi

     

    Il est six heures au clocher de l'église
    Dans le square les fleurs poétisent
    Une fille va sortir de la mairie
    Comme chaque soir je l'attends
    Elle me sourit
    Il faudrait que je lui parle
    A tout prix

    Je lui dirai les mots bleus
    Les mots qu'on dit avec les yeux
    Parler me semble ridicule
    Je m'élance et puis je recule
    Devant une phrase inutile
    Qui briserait l'instant fragile
    D'une rencontre
    D'une rencontre


    Je lui dirai les mots bleus
    Ceux qui rendent les gens heureux
    Je l'appellerai sans la nommer

    Je suis peut-être démodé
    Le vent d'hiver souffle en avril
    J'aime le silence immobile
    D'une rencontre
    D'une rencontre

    Il n'y a plus d'horloge, plus de clocher
    Dans le square les arbres sont couchés
    Je reviens par le train de nuit
    Sur le quai je la vois
    Qui me sourit
    Il faudra bien qu'elle comprenne
    A tout prix


    Je lui dirai les mots bleus
    Les mots qu'on dit avec les yeux
    Toutes les excuses que l'on donne
    Sont comme les baisers que l'on vole
    Il reste une rancœur subtile
    Qui gâcherait l'instant fragile
    De nos retrouvailles
    De nos retrouvailles

    Je lui dirai les mots bleus
    Ceux qui rendent les gens heureux
    Une histoire d'amour sans paroles
    N'a plus besoin du protocole
    Et tous les longs discours futiles
    Terniraient quelque peu le style
    De nos retrouvailles
    De nos retrouvailles


    Je lui dirai les mots bleus
    les mots qu'on dit avec les yeux
    Je lui dirai tous les mots bleus
    Tous ceux qui rendent les gens heureux
    Tous les mots bleus

     

     

     

     

     


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    l'oeil & la plume...  madame X

    texte francis cabrel                                                                             ill. xyz

     

    Madame X et ses enfants   
    Tout l'hiver sans chauffage 
    Caravane pour des gens
    Même pas du voyage
    Et pourtant comme elle dit
    C'est pas elle la plus mal lotie
    Elle en connaît qui couchent dehors
    Dans les parages
    Quand y'a toutes ces voitures de sport
    Dans les garages

    Madame à savoir comment
    Fait deux fois plus que son âge
    Elle s'endort avec des gants
    Au fond d'un sac de couchage
    Et pourtant comme elle dit
    C'est pas elle la plus mal lotie
    Elle en connaît qui restent
    Accrochés aux grillages
    En espérant qu'un camion
    Manque le virage

    C'était un pays charmant
    C'était un pays comme il faut
    Elle dit, elle dit maintenant
    maintenant on prend
    Quelques photos des mourants
    Au lieu de leur donner de l'eau
    Elle dit pas ça méchamment
    Pour l'instant...

    Madame X et ses enfants
    Toujours pas de chauffage

     

     

     

    et si vous tenez à la musique...

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     


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  • texte, voix, guitare pénélope corps

    version audio mise en ligne il y a 2 ans

     

     

    quand on en aura marre

    de suivre le sens de la file

    et de procéder comme indiqué sur les panneaux prévus à cet effet

    quand on vomira la ville les murs les agents de sécurité

    quand on aura pigé la dictature des images

    les petits parasites vicieux

    sous la peau dans la bouche et dans les trous

    les salles de cinéma bondées

    le besoin de se remplir les orifices pour avoir l’impression d’exister

    quand la pluie nous brûlera le visage

    et que le vin n'aura plus d'effet

    quand les bébés naîtront avec les bronches atrophiées

    et qu'on sera devenus des animaux malades

    quand les déflagrations nous amèneront au fond des forêts

    nous et nos morceaux de corps

    peut-être qu'on fermera nos gueules enfin

    qu'on finira par entendre quelque chose

    peut-être qu’on reviendra aux arbres

    et qu'on arrêtera de faire semblant de savoir

    à propos de rien

    du silence et de l'eau

    peut-être qu'on improvisera

    quelque chose avec les pierres

    avec les pieds

    et la constance des oiseaux

    et puis

    un jour ils viendront tout raser

    tout dévaster

    tout détruire

    fleurs sauvages ombres cailloux poumons

    par transgression

    par jeu

    par nécessité

    avec des pierres

    avec les pieds 

    alors il restera deux ou trois photos floues

    sûrement mal cadrées

    ce genre de photos qui fout un peu les boules   
      

    tu sais?

     

    version texte diffusée sur le blog de l'auteur le vendredi 24 avril 2017

     


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    parution... Radicelles

     

    RADICELLES

    Murièle Modély : texte

    Vincent Motard-Avargues : photographies couleurs

    18 euros + 1, 50 de participation aux frais de port

     

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