• l'oreille d'un sourd... Thrène à la mémoire des victimes d'Hiroshima

     


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  • l'oeil & la plume... la vie n'arrive jamais plus tard

    texte & "48 figures noires"  jlmi

     

    Ce soir le bleu est noir. Hors saison. 

    Dans ce large mouvement d’obscurité les étoiles exténuées s’abreuvent à la sève des pierres.  Là-bas, loin, où naît la rumeur,

    des visages de cuir et d’os aux sourires de méduses stupéfiées surgissent

    d’une brume minérale portés par la lumière glacée de l’insupportable du réel. 

    Leurs vies-routines marketées consuméristes de A à Z se lisent telle une fresque faïencée aux désallures de Sixtine profane profanée dans les tons essentiels du temps solide.

    Tout tenter pour faire moins de bruit que le silence.

    Jusqu’aux errances…

    De troquets en bistrots au cœur des odeurs rances de vinasse et de fermentation de vieilles sueurs aigres et de fonds de calbutes cirés.

    Perdu, seul, dans une lumière blette et grasse parmi cette multitude de ruines écorchées vives de la vie faces cachées compagnes et compagnons miroirs porteurs d’orgueil qui au temps du viol ont refusé d’ouvrir les jambes et de jouir de l’inéluctable.

    Spectres en suspens, d’une subliminale beauté gravée dans la chair.

    Cueillir là la lueur aveuglante de l’explosion du vide du monde invisible lors du passage à l’âge.

    Rien n’est plus réel qu’un mirage.

    La vie n’arrive jamais plus tard

    seule la mort décide de notre avenir...

     

    in les Preuves incertaines

     


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  • à noter que lors de cette prestation, la soprano, autodidacte jusqu'à sa découverte à 9 ans lors d'un TV crochet avec une interprétation de O mio babbino caro, n'a que 13 ans.

     

     


     


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  • l'oeil & la plume... Lodève

    texte cathy garcia 2008                                                                ill. jlmi 2019

     

     

    Arrivée par le prieuré de Grandmont en croisant un mariage bruyant à pavillon catalan. Lodève… hallucinant. Tentée d’y échapper.

    Découverte d’un festival. Incroyable concept de poésie. J’aime ? Je n’aime pas ?

    Les Vanneaux passent et repassent, le visage de Marcel comme un clin d’œil et un pincement au cœur. Des noms connus, inconnus. Des airs - des looks ?  - de poètes.

    Et moi ? Poète ? De quoi ? Pourquoi ?

    Festival de questions.

    Organisateurs infirmiers pour fous des mots.

    Festival de nourriture. Ventre. Tête. Cœur ?

    Je suis poète de passage, courant d’air sans étiquette. Chut ! Poète sans badge.

    La poésie se porte t’elle ?

    Couloir du marché de la poésie. A vendre, vendre, acheter, acheter.

    Marchés, festivals. Concentrationnaires.

    Où est la poésie ? Dans l’air ? Un sourire ? Un regard ?

    Une absurdité qui brise l’œuf du temps.

    Lodève, l’eau d’Ève, voix de la Méditerranée, bien des trésors sans doute à trouver, cachés loin des scènes où festivalière, la poésie est cantonnée. Des lieux disséminés mais ici même, à cette table, dans cette ruelle, comment se vit-elle ?

    Nappe orange satin. Brouhaha des gens réunis. Douceur d’une soirée de juillet.

    Innombrables visages mais beaucoup de portables collés.

     

    Changement de point d’observation. « Soleil bleu », six cafés d’origine différente annoncés… Une fois installés, je consulte la carte :

    -          expresso

    -          café allongé

    -          café crème

    -          noisette

    -          décaféiné

    Un chat roux cavale aller-retour, son quartier envahi à l’heure de sa sortie. Chat déboussolé, un peu poète non ?

    Jupes. Jupes à fleurs, rayés, longs jupons, courtes et serrées comme un café, jeunes filles, vieilles jeunettes. Shorts et pantalons. Sandales et mocassins. Toutes et tous rôdent, flânent, après les mots. Les mots rebonds.

     

    in Calepins voyageurs & après ?

     


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  • l'eoil, l'oreille & la plume... les mots bleus

    texte & musique christophe... chant alain bashung... ill. jlmi

     

    Il est six heures au clocher de l'église
    Dans le square les fleurs poétisent
    Une fille va sortir de la mairie
    Comme chaque soir je l'attends
    Elle me sourit
    Il faudrait que je lui parle
    A tout prix

    Je lui dirai les mots bleus
    Les mots qu'on dit avec les yeux
    Parler me semble ridicule
    Je m'élance et puis je recule
    Devant une phrase inutile
    Qui briserait l'instant fragile
    D'une rencontre
    D'une rencontre


    Je lui dirai les mots bleus
    Ceux qui rendent les gens heureux
    Je l'appellerai sans la nommer

    Je suis peut-être démodé
    Le vent d'hiver souffle en avril
    J'aime le silence immobile
    D'une rencontre
    D'une rencontre

    Il n'y a plus d'horloge, plus de clocher
    Dans le square les arbres sont couchés
    Je reviens par le train de nuit
    Sur le quai je la vois
    Qui me sourit
    Il faudra bien qu'elle comprenne
    A tout prix


    Je lui dirai les mots bleus
    Les mots qu'on dit avec les yeux
    Toutes les excuses que l'on donne
    Sont comme les baisers que l'on vole
    Il reste une rancœur subtile
    Qui gâcherait l'instant fragile
    De nos retrouvailles
    De nos retrouvailles

    Je lui dirai les mots bleus
    Ceux qui rendent les gens heureux
    Une histoire d'amour sans paroles
    N'a plus besoin du protocole
    Et tous les longs discours futiles
    Terniraient quelque peu le style
    De nos retrouvailles
    De nos retrouvailles


    Je lui dirai les mots bleus
    les mots qu'on dit avec les yeux
    Je lui dirai tous les mots bleus
    Tous ceux qui rendent les gens heureux
    Tous les mots bleus

     

     

     

     

     


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