• l'oeil & la plume... pars, fuis, file

    texte & illustration jlmi 2009

     

    Fils de Jana l’Illuminée - forêt-femme affamée diffamée, baveuse de mots sages et poreux, cocotte en papier fouillant son tas d’immondices à la recherche de rêves jamais rêvés  - tout ton monde disparaît sous une neige aux relents de formol. C’est comme un lent glissement vers un bocal de verre sur une mer d’argent fauve, parfois mauve, friable, saccadé. 

     

    Pars !

    Tant qu’il est encore temps, pars !

    Cours attraper le vent et ses psalmodies chauves,

    avant qu’esprit lavé et corps_rompu tu n’abdiques.

     

    Fuis,

    cette république de ‘’vend-du-vent’’

    cette république de roman-photos

    des professeurs de (petite) vertu

    Fuis ce peuple muet

    dont seuls les yeux vivent

    devant leur écrans plats

    comme leurs encéphalo(µ)grammes.

     


    Fuis,

    sans personne, 

    abandonne ce sac noir d’ennui,

    sans air, sans issue,

    ce chaos à gerber des gerberas jaunes,

    avant que ta pâle raison ne s’envole

    et que cogne ton cœur en sueur, moteur rageur aux fleurs en pleurs.

     

    File,

    et dans les rues écoute

    G’ n’ R’ frapper
    à coups de riffs d’enfer

    aux portes du paradis

    de Bob D. …
     

    … Pars ! Fuis ! File !

    Juste à l’aventure

    Juste à la vie.

    Ta vie…

     


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  • l'oeil & la plume... un rêve en héritage

    texte & collage jlmi  2013

     

    Vieille bâtisse de campagne, ferme manoir en ruine, une vaste cour pavée de grès ceinte de plusieurs corps de bâtiment  . Pierre de taille à la couleur ci et là marbrée de rouille et de lichens vert de gris. Des huis croûteux, aveugles ou borgnes, aux persiennes  écaillées suspendues en vols immobiles. Parfois de lourdes portes aux bois patinés par les pluies et le vent, aux joints baillant contre la volonté de ferrures forgées en volutes. Vielles tuiles brunies aux toits laissant passer la lune au filtre des bras levés de poutres éclatées et de solives calcinées…

    Décision de tout quitter pour s’y installer.

    Emménagement dans le corps principal avec le peu de meubles disponibles. Du camping en attendant la réalisation des travaux nécessaires.

    Un homme vient demander où mettre les vieilleries ? Dans la grange, grand et haut bâtiment extérieurement très endommagé, mais avec une petite porte latérale dans la partie la moins abîmée.

    Il revient : " la porte cache une autre porte derrière laquelle …"

    Cavalcade. Cette seconde porte donne accès à une immense pièce intacte aux murs lambrissés, jusqu’au très haut plafond, d'un bois précieux clair tout de ronds de bosses, piqué de candélabres de bronze aux globes d'un verre laiteux. Tout y est magnifique… immense. De plus en plus… Une lumière douce, irréelle, diffuse d'une verrière en coupole invisible de l'extérieur.  Extérieur ? Le mur n’est plus là que pour dissimuler… D'ailleurs est-il toujours là ? A-t-il jamais existé ? Les fenêtres délicates et élancées ne donnent sur rien... Elles sont là comme de somptueux miroirs

    Au fond de cette pièce de cinq ou six cent mètres carrés, peut-être plus, difficile de dire, un escalier fantastique à la rampe sculptée d'une élégante mollesse enchâsse une porte monumentale ouvrant sur un large et long couloir. Dans ce labyrinthe déployé, des portes, profusion de portes… à chaque pas plus encore… Derrière chacune une pièce ou des escaliers vers les étages.  Autant de pièces, autant de musées…

    La population voisine alertée arrive en masse pour visiter. Piller ? Impossible d’endiguer ce flot. Comment protéger ces merveilles ?…

     

    Réveil !

     

     


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  • l'oeil & la plume... il viendra

    texte de cathy garcia               photo evgeni shaman ''stranded with silence'' 2009

     

    l y a une femme seule au fond d'un bar

    Autrefois, elle était belle, les regards

    S’attardaient sur elle, maintenant

    La pluie bat les carreaux

     

    La femme est triste

    Elle noie des larmes

    Dans un alcool blanc

    Et contemple sans la voir

    La glace qui fond

    Dans son verre

     

    Elle attend un inconnu vêtu de noir

    Il finira bien par venir

    Il la reconnaîtra c’est sûr

    Il lui offrira son bras et ils iront

    Se promener le long des quais

    Sous le givre des réverbères

    Sur les pavés scintillants

     

    Ils iront tout deux, oui

    Jusqu’au cœur de la nuit

    Veufs et heureux.

     

    cg 1999   in Théâtre d'ombres

     


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    Lacrimosa Duet

    Royal Ballet of Flanders, 2006

    Chorégraphie: Annabelle Lopez Ochoa, Musique: G.B. Pergolesi, Danseurs:Craig Davidson, Melissa Ligurgo


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