Le Chêne de Dodone ou le Bazar de Werner (pages 15 à 19)
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texte Werner Lambersy ill. jlmi 2026
Même les anges sont victimes de trous d’air
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Aveugle il avait fait peindre des yeux sur ses lunettes
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Le peintre médiocre voudra réussir croûte que croûte
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A force d’entasser bleu sur bleu l’azur est devenu noir
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Certains sont dans l’air du temps, d’autres y étouffent
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La pleine lune est la tonsure du moine en prière sous sa cuculle de nuit
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Les chevaux pleurent, mais je suis certain que souvent ils rient de nous
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Yves Martin et André Laude sentaient fort, mais c’était l’odeur du génie
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Dans les rouges de Rothko, on peut revoir tous les mouvements de l’âme
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La beauté de l’œuvre dépend uniquement de l’énergie qu’elle dégage
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Epitaphe guerrière : « ils m’ont tué, si tu veux tuer, oublie ta mère »
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Concert classique : un orchestre de 40 ans joue pour un public de 60
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Festival rock : des stars de 60 ans jouent pour des ados de 40 et leurs gosses
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Chacun guette parmi la foule le visage inconnu de son crime
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Le violoncelle est un instrument à cordes qui obéit au souffle
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Le poème une fois écrit, est-ce qu’il augmente ou diminue les possibles
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Depuis Homère, on répète, on varie, on trafique les façons de faire, on décline
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On parle de la nature sauvage comme du poisson péché en pleine mer
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Céline ou le roquet agité antisémite ou l’éléphant qui barrit sa blessure
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Cendrars : son goût obsolète du moderne, l’Orphée le plus contemporain
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Rilke, gigolo angélique pour sauver la vierge candeur de son poème
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Les phares sont des mouches de coquettes, sur la poitrine nue de l’océan
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L’image a pris la place des mots ; comment savoir encore leurs silences
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Nées du désert, les trois religions du Livre ont consacré les coutumes nomades
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Si les livres retournaient aux arbres, les vents sauraient tout ce qu’ils savent
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Mise en scène de l’horreur pour nous rassurer, nous sommes nous le spectacle
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Quand on veut, on peut très peu !
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Nous avons souvent écrit pour rappeler qu’il n’y avait rien à comprendre
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C’est en mourant que je vaincrai la mort car elle ne peut rien sans moi
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Philosophe il ouvre grand un parapluie aux baleines sans toile
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L’idée du plomb et l’idée de la plume ont exactement le même poids
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On espère que les médecins ne lisent pas les revues de leur salle d’attente
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Le monde est d’huile ou de beurre, de pain ou de riz, de vins ou de bières
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Dans les camps, on jetait de précieuses miettes, dans l’espoir de revoir un oiseau
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On ne sait si certains chefs d’orchestre font du crawl ou de la nage papillon
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Près du petit bois, deux vélos font l’amour dans l’herbe du fossé !
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En ce moment, je boîte de la tête
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Lever le filet de sole du jour est l’affaire du maître d’hôtel en noir
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Pour parler à la nuit étoilée, mieux vaut se pencher au dessus des vieux puits
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Le lit, le repas, la vaisselle et dehors la rosée du poème qui s’impatiente
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Qu’on arrête de parler d’un défunt comme d’un habit du dimanche sur un cintre
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Les mains de bananes ont mis des gants de beurre frais
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Les arbres ne sont pas plus sourds qu’un homme qui dort
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Quand le soir tire sur l’élastique rose de la lumière…
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L’aube ! C’est quoi l’aube , tant que le café n’est pas sur la table
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Poètes, ne rasez pas les muses qui ont du poil sous les bras
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Trop tard pour devenir quelqu’un, trop tôt pour devenir personne
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La lumière, c’est de l’ombre qui aveugle
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Le Veau d’art est toujours debout
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J’ai beaucoup aimé sa lecture à voix haute surtout quand il s’est tu
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Ils ramassent un mot comme les garçons de piste derrière l’éléphant
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Le boulot de pape doit être très faticant
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Le savez-nous, Chaucer, poète, fit fortune dans les vins de Bordeaux
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Rémy de Gourmont écrivait en cagoule ; Buffon, en habits de cour
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Il n’y a pas plus femme que la brume, et plus bête que le brouillard
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Misérables ! Misérables qui faites passer vos crimes pour un devoir
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La vérité est faite de mensonges que nous sommes prêts à accepter
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Le surréalisme relève de la science confuse
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Il voudrait des oiseaux sans têtes, il aura des paupiettes
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Vieilles gens, cassez les miroirs : 7 ans, c’est toujours bon à prendre
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Les parents sont des enfants comme les autres
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Pour comprendre, allez vers les plus petites choses ; pour aimer, vers les plus grandes
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J’aime les gens un peu fêlés, parce qu’ils laissent passer la lumière
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Le Pouvoir a encore parlé ! Mais que fait La Palisse !
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Et dieu le ressuscita, avec toutes les mouches qui l’entouraient
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Le droit prouve brillamment le contraire, de ce qu’il a brillamment défendu
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En parlant de politique, mon coiffeur : « C’est le clou sur le gâteux »
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Les mouches sont bien élevées : elles frappent aux carreaux avant de rentrer
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Refuser les honneurs, c’est en vouloir deux fois la louange
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J’aime la première rencontre avec celui que je ne reverrai pas
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Je tue le temps ; c’est bien mon tour !
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Les figuiers ne fleurissent pas, il fruitent !
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Tant de morts qu’il n’y a plus de places en enfer ni au paradis ! Alors revenir
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Si tu secoues l’arbre des tempêtes, les fruits qui tombent ne seront pas mûrs
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« On plume les asperges » écrit joliment Madame de Sévigné
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Parole voie à sens unique et sans issue pour voiture sans marche arrière
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La strophe royale veut sept vers comme sept verres la bouteille
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Sur le net Yahoo est une des façons d’invoquer le nom de Yahvé
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Une épitaphe : « C’est bien ! Mais il ne faudrait pas que ça dure »
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La haute couture est ce qui prépare le mieux à l’idée de la mort
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Derrière chaque grande femme, il n’y a personne ! Pas la place !
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9 mois de grossesse, 9 ans d’enfance, puis une minute de silence
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Hier, on me découvrait ; demain, on me recouvre
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Supprimes-les, tu n’enlèveras rien, épargnes-les, tu n’ajouteras rien …de Pol Pot
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Ce qui s’écrit n’a de valeur que par ce qui ne peut s’écrire (Laâbi)
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Il faut bien l’admettre : le pénis manque singulièrement d’humour
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Faites l’amour, pas la guerre ; ça laisse du temps libre
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Le poème n’est pas la poésie, pas plus que le poêle n’est le feu
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Chez
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La salade est la balayette de l’estomac
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Mon boulanger : « A la sortie du four, il faut faire sonner les pains »