texte Werner Lambersy                    ill. jlmi  2026

 

 

Même les anges sont victimes de trous d’air 

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Aveugle il avait fait peindre des yeux sur ses lunettes

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Le peintre médiocre voudra réussir croûte que croûte

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A force d’entasser bleu sur bleu l’azur est devenu noir

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Certains sont dans l’air du temps,  d’autres y étouffent

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La pleine lune est la tonsure du moine en prière sous sa cuculle de nuit

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Les chevaux pleurent,  mais je suis certain que souvent ils rient de nous

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Yves Martin et André Laude sentaient fort, mais c’était l’odeur du génie

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Dans les rouges de Rothko, on peut revoir tous les mouvements de l’âme

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La beauté de l’œuvre dépend uniquement de l’énergie qu’elle dégage

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Epitaphe guerrière : « ils m’ont tué, si tu veux tuer, oublie ta mère »

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Concert classique : un orchestre de 40 ans joue pour un public de 60

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Festival rock : des stars de 60 ans jouent pour des ados de 40 et leurs gosses

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Chacun guette parmi la foule le visage inconnu de son crime

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Le violoncelle est un instrument à cordes qui obéit au souffle

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Le poème une fois écrit, est-ce qu’il augmente ou diminue  les possibles

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Depuis Homère, on répète, on varie, on trafique les façons de faire, on décline 

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On parle de la nature sauvage  comme du poisson péché en pleine mer

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Céline ou le roquet agité antisémite ou l’éléphant qui barrit sa blessure

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Cendrars : son goût obsolète du moderne,  l’Orphée le plus contemporain

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Rilke, gigolo angélique pour sauver  la vierge candeur de son poème

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Les phares sont des mouches de coquettes, sur la poitrine nue de l’océan 

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L’image a pris la place des mots ; comment savoir encore leurs silences

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Nées du désert, les trois religions du Livre ont consacré les coutumes nomades

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Si les livres retournaient aux arbres, les vents sauraient tout ce qu’ils savent

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Mise en scène de l’horreur pour nous rassurer,  nous sommes nous le spectacle

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Quand on veut, on peut très peu !

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Nous avons souvent écrit pour rappeler qu’il n’y avait rien à comprendre

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C’est en mourant que je vaincrai la mort car elle ne peut rien sans moi

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Philosophe il ouvre grand un parapluie aux baleines sans toile

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L’idée du plomb et l’idée de la plume ont exactement le même poids

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On espère que les médecins ne lisent pas les revues de leur salle d’attente

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Le monde est d’huile ou de beurre, de pain ou de riz, de vins ou de bières

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Dans les camps, on jetait de précieuses miettes, dans l’espoir de revoir un oiseau

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On ne sait si certains chefs d’orchestre font du crawl ou de la nage papillon

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Près du petit bois, deux vélos font l’amour dans l’herbe du fossé !

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En ce moment, je boîte de la tête

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Lever le filet de sole du jour est l’affaire du maître d’hôtel en noir

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Pour parler à la nuit étoilée, mieux vaut se pencher au dessus des vieux puits

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Le lit, le repas, la vaisselle et dehors la rosée du poème qui s’impatiente

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Qu’on arrête de parler d’un défunt comme d’un habit du dimanche sur un cintre

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Les mains de bananes ont mis des gants de beurre frais

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Les arbres ne sont pas plus sourds qu’un homme qui dort 

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Quand le soir tire sur l’élastique rose de la lumière…

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L’aube ! C’est quoi l’aube , tant que le café n’est pas sur la table 

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Poètes, ne rasez pas les muses qui ont du poil sous les bras

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Trop tard pour devenir quelqu’un, trop tôt pour devenir personne

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La lumière, c’est de l’ombre qui aveugle 

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Le Veau d’art est toujours debout

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J’ai beaucoup aimé sa lecture à voix haute surtout quand  il s’est tu

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Ils ramassent un mot comme les garçons de piste derrière l’éléphant

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Le boulot de pape doit être très faticant 

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Le savez-nous, Chaucer, poète, fit fortune dans les vins de Bordeaux

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Rémy de Gourmont écrivait en cagoule ; Buffon, en habits de cour

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Il n’y a pas plus femme que la brume, et plus bête que le brouillard

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Misérables ! Misérables qui faites passer vos crimes pour un devoir

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La vérité est faite de mensonges que nous sommes prêts à accepter

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Le surréalisme relève de la science confuse

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Il voudrait des oiseaux sans têtes, il aura des paupiettes

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Vieilles gens, cassez les miroirs : 7 ans, c’est toujours bon à prendre

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Les parents sont des enfants comme les autres

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Pour comprendre, allez vers les plus petites choses ; pour aimer, vers les plus grandes

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J’aime les gens un peu fêlés, parce qu’ils laissent passer la lumière

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 Le Pouvoir a encore parlé ! Mais que fait La Palisse !

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Et dieu le ressuscita, avec toutes les mouches qui l’entouraient

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Le droit prouve brillamment le contraire, de ce qu’il a brillamment défendu

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En parlant de politique, mon coiffeur : « C’est le clou sur le gâteux »

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Les mouches sont bien élevées : elles frappent aux carreaux avant de rentrer

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Refuser les honneurs, c’est en vouloir deux fois la louange

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J’aime la première rencontre avec celui que je ne reverrai pas

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La Justice qui coupe les cous entoure le sien de l’hermine qui tient chaud

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Je tue le temps ; c’est bien mon tour !

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Les figuiers ne fleurissent pas, il fruitent !

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Tant de morts qu’il n’y a plus de places en enfer ni au paradis ! Alors revenir

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Si tu secoues l’arbre des tempêtes, les fruits qui tombent ne seront pas mûrs

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« On plume les asperges » écrit joliment Madame de Sévigné

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Parole voie à sens unique et sans issue pour voiture sans marche arrière

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La strophe royale veut sept vers comme sept verres la bouteille

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Sur le net Yahoo est une des façons d’invoquer le nom de Yahvé 

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Une épitaphe : « C’est bien ! Mais il ne faudrait pas que ça dure »

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La haute couture est ce qui prépare le mieux à l’idée de la mort

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Derrière chaque grande femme, il n’y a personne ! Pas la place !

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9 mois de grossesse, 9 ans d’enfance, puis une minute de silence 

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Hier, on me découvrait ; demain, on me recouvre 

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Supprimes-les, tu n’enlèveras rien, épargnes-les, tu n’ajouteras rien …de Pol Pot

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Ce qui s’écrit n’a de valeur que par ce qui ne peut s’écrire (Laâbi)

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Il faut bien l’admettre : le pénis manque singulièrement d’humour

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Faites l’amour, pas la guerre ; ça laisse du temps libre 

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Le poème n’est pas la poésie, pas plus que le poêle n’est le feu

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Chez La Fontaine : porter les bouteilles veut dire marcher lentement 

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La salade est la balayette de l’estomac

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Mon boulanger : « A la sortie du four, il faut faire sonner les pains »

 

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