texte de Werner Lambersy                               ill. jlmi 2026

 

Les dieux sont analphabètes : ancienne prudence de maquignons

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Depuis l’Eden, les vents et l’arbre essaient de nous dire quelque chose

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On appelait  transparents les vagabonds à l’aube traversant le bourg

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Qui est-elle pour disperser la brume matinale avec son éventail rose 

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Colophon : qu’on le veuille ou non, ce livre a été tiré à…exemplaires

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Il est réconfortant de penser que les imbéciles n’en sauront rien

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Maman m’a dit quand une femme est en désir, en amour et dans que ordre

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Ne jamais confondre l’ordre informulé des mots avec le mot d’ordre

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D’un vieux soupirant: madame, ne craignez rien, je filme sans pellicule 

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Et ailleurs : Mademoiselle, nous sommes tous deux proches du paradis 

Vous parce que vous êtes belle, moi, parce que je suis vieux 

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R. Goffin octogénaire : « dommage Madame, la procession est rentrée »

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Du même poète : « Il faudrait toujours en garder un peu pour la bonne bouche »

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On a trouvé de l’eau dans l’espace !  Il n’y a plus qu’à retrouver le pastis

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Pour traverser le Styx, il suffit d’attendre qu’il gèle

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Devant l’océan, l’Homme se souvient : il fut dieu ! En mer, le doute s’installe

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L’azur, c’est l’azur ! Pas de pluriel ! Solitaire, il porte un deuil discret

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Ombre immémoriale des grottes, qu’un seul rayon de lumière disperse en un instant

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Les étoiles éclairent le vide ; le néant, lui, se cache

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A marée basse, la mer a l’air d’avoir fait une fausse couche

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On n’en sortira pas, et c’est tant mieux ! Sinon que pourrait-on encore écrire

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Tout « parle » alors nous nous accordons cette surdité qu’on appelle silence

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A vérité absolue, mal absolu ; mensonge et vérité ne se contredisent pas

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Beaucoup se vengent d’eux-mêmes en  voulant faire le bonheur des autres

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On ne peut pas plier une feuille plus de 7 fois ; pour la langue, on ne sait pas 

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Le rythme doit faire trembler, comme la troupe au pas qui passe un pont

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L’art est inconsolation ! Pas de beauté sans mélancolies, mais de quoi ?

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Le tanin du talent gâtera toujours le vin du génie

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Une forme perverse du suicide est de siéger dans une académie d’immortels

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L’automne et les prix littéraires ont en commun la chute des feuilles mortes

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J’ai une mauvaise santé de fer

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Avoir charge d’âme suppose quelque chose de l’ordre des champs de mines

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L’âme n’existe pas jusqu’au moment où l’on s’aperçoit soudain qu’on l’a perdue

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La vocation vient de la contemplation du vide sidéral d’une vie insignifiante

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Les voyelles sont les œuvres vives du navire ; les consonnes, les œuvres mortes

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Beaucoup d’hommes font tout pour se détruire, les femmes pour les aider

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Ecrire consiste souvent à noircir la page blanche du jour avec l’encre de la nuit

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En naissant, je serrais les poings ; mourant, je ne sais toujours pas contre qui

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Face à d’autres miroirs, un miroir n’est jamais seul (pseudo Confucius)

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Annonce d’un pharmacien à Pigalle: vagins antigrippes toujours disponibles

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Il faut rester utopiste, libertaire, mécréant, solidaire et solitaire par nature

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Je ne suis pas prêt à supporter le mépris qui entoure le poème, mais je progresse

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L’amour et les révolutions emprunteront toujours traverses et sens interdits

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Et si les clavicules étaient d’anciens petits abreuvoirs à papillons ?

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La lumière électrique installe  son désert blanc au-dessus de la ville

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Blessé, on lui demanda ; qui vous a fait ça ? Il répondit : le couteau

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Poètes, ne vous inquiétez pas : vous êtes là, mais ils l’ignorent

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Dans les ruisseaux du temps, il faut pêcher à la mouche

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On a toujours un bel avenir derrière soi

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Tout poète, est aussi la pissotière de Marcel Duchamp

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L’évolution voudrait que les plus faibles l’emportent par le nombre

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L’Infini est une façon pratique de parler de l’inachevé

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En poésie et en musique, il faut garder,  jouer la faute, felix culpa

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Ce matin, la lumière semblait brancarder les accidentés de la nuit

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Une voix m’appelle, plutôt que rien ni personne, celle de la paix

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Avant et après Lourdes, l’eau du Gave n’est miraculeuse qu’en jerrycan

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Le XX siècle a généralisé la jungle, le XXI siècle nous apporte le désert

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Dans chaque mot, il y a la corde pour se pendre et le couteau pour la couper

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Des verbes au passif, on est passé aux verbes poussifs

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Devant la cage des fauves : Attention !  Chats méchants

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Au Vatican, l’Esprit Saint en uniforme de Garde suisse

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La guerre depuis toujours est une maladie contagieuse sans vaccin

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Beckett : bon qu’à ça, Cendrars, parce que, et si j’y pense, quoi d’autre 

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Paradoxe : c’est en hiver que les forêts sont presque nues 

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Soixante dix ans…et des poussières ! Mais on voit surtout la poussière

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Je suis un indolescent précoce !

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Il faut enculer les mouches car bientôt elles vous le rendront bien

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Quand le disciple est prêt, ce n’est plus un disciple

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Quand le maître est prêt, ce n’est plus un maître

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Le racisme sent toujours l’entrecuisse ; croiser les jambes ne suffit pas

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Petit chef deviendra grand comme la chèvre mange sur le tas d’ordures

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Aux filles on apprend les confitures, aux garçons à y mettre le doigt

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Il n’y a pas de sortie de secours au septième ciel

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Le vin nouveau fait exploser les vieilles outres. Saint Marc

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L’azur est l’angle mort du rétroviseur de s cieux

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Porter le deuil, c’est déjà faire un clin d’œil à la mort

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Chaque jour, la Terre recrache le soleil. Etonnez-vous du goût de vos nuits

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On dit peu de choses solides quand on cherche à en dire d’extraordinaires 

 

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Ceux qui parlent avec les mains finissent par se mettre le doigt dans l’œil

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Il est trop tard pour mourir ; le mal de vivre est déjà fait

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Tout vient à point à qui sait être tendre

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Jardiner, au Moyen âge, voulait dire faire l’amour à la femme d’un autre

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Il faut arrimer la navette de l’alcool à la vieille station orbitale

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Ma mère me répétait : tu n’es pas encore sec derrière les oreilles 

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La beauté : ce sentiment de la perfection moins quelque chose d’humain

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On met souvent les vieilles charrettes dans les mêmes granges

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J’aime la mort des ampoules ; elles claquent emportant le tout

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De la barbarie à la décadence, sans avoir connu la civilisation

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Depuis la ruée informatique, nous avons eu droit au webstern

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Ce n’est pas d’être nues mais dénudées qui les rend désirables

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