Le Chêne de Dodone ou le Bazar de Werner (pages 5 à 9)
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texte de Werner Lambersy ill. jlmi 2026
Les dieux sont analphabètes : ancienne prudence de maquignons
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Depuis l’Eden, les vents et l’arbre essaient de nous dire quelque chose
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On appelait transparents les vagabonds à l’aube traversant le bourg
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Qui est-elle pour disperser la brume matinale avec son éventail rose
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Colophon : qu’on le veuille ou non, ce livre a été tiré à…exemplaires
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Il est réconfortant de penser que les imbéciles n’en sauront rien
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Maman m’a dit quand une femme est en désir, en amour et dans que ordre
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Ne jamais confondre l’ordre informulé des mots avec le mot d’ordre
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D’un vieux soupirant: madame, ne craignez rien, je filme sans pellicule
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Et ailleurs : Mademoiselle, nous sommes tous deux proches du paradis
Vous parce que vous êtes belle, moi, parce que je suis vieux
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R. Goffin octogénaire : « dommage Madame, la procession est rentrée »
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Du même poète : « Il faudrait toujours en garder un peu pour la bonne bouche »
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On a trouvé de l’eau dans l’espace ! Il n’y a plus qu’à retrouver le pastis
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Pour traverser le Styx, il suffit d’attendre qu’il gèle
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Devant l’océan, l’Homme se souvient : il fut dieu ! En mer, le doute s’installe
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L’azur, c’est l’azur ! Pas de pluriel ! Solitaire, il porte un deuil discret
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Ombre immémoriale des grottes, qu’un seul rayon de lumière disperse en un instant
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Les étoiles éclairent le vide ; le néant, lui, se cache
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A marée basse, la mer a l’air d’avoir fait une fausse couche
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On n’en sortira pas, et c’est tant mieux ! Sinon que pourrait-on encore écrire
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Tout « parle » alors nous nous accordons cette surdité qu’on appelle silence
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A vérité absolue, mal absolu ; mensonge et vérité ne se contredisent pas
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Beaucoup se vengent d’eux-mêmes en voulant faire le bonheur des autres
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On ne peut pas plier une feuille plus de 7 fois ; pour la langue, on ne sait pas
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Le rythme doit faire trembler, comme la troupe au pas qui passe un pont
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L’art est inconsolation ! Pas de beauté sans mélancolies, mais de quoi ?
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Le tanin du talent gâtera toujours le vin du génie
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Une forme perverse du suicide est de siéger dans une académie d’immortels
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L’automne et les prix littéraires ont en commun la chute des feuilles mortes
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J’ai une mauvaise santé de fer
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Avoir charge d’âme suppose quelque chose de l’ordre des champs de mines
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L’âme n’existe pas jusqu’au moment où l’on s’aperçoit soudain qu’on l’a perdue
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La vocation vient de la contemplation du vide sidéral d’une vie insignifiante
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Les voyelles sont les œuvres vives du navire ; les consonnes, les œuvres mortes
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Beaucoup d’hommes font tout pour se détruire, les femmes pour les aider
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Ecrire consiste souvent à noircir la page blanche du jour avec l’encre de la nuit
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En naissant, je serrais les poings ; mourant, je ne sais toujours pas contre qui
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Face à d’autres miroirs, un miroir n’est jamais seul (pseudo Confucius)
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Annonce d’un pharmacien à Pigalle: vagins antigrippes toujours disponibles
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Il faut rester utopiste, libertaire, mécréant, solidaire et solitaire par nature
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Je ne suis pas prêt à supporter le mépris qui entoure le poème, mais je progresse
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L’amour et les révolutions emprunteront toujours traverses et sens interdits
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Et si les clavicules étaient d’anciens petits abreuvoirs à papillons ?
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La lumière électrique installe son désert blanc au-dessus de la ville
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Blessé, on lui demanda ; qui vous a fait ça ? Il répondit : le couteau
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Poètes, ne vous inquiétez pas : vous êtes là, mais ils l’ignorent
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Dans les ruisseaux du temps, il faut pêcher à la mouche
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On a toujours un bel avenir derrière soi
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Tout poète, est aussi la pissotière de Marcel Duchamp
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L’évolution voudrait que les plus faibles l’emportent par le nombre
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L’Infini est une façon pratique de parler de l’inachevé
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En poésie et en musique, il faut garder, jouer la faute, felix culpa
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Ce matin, la lumière semblait brancarder les accidentés de la nuit
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Une voix m’appelle, plutôt que rien ni personne, celle de la paix
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Avant et après Lourdes, l’eau du Gave n’est miraculeuse qu’en jerrycan
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Le XX siècle a généralisé la jungle, le XXI siècle nous apporte le désert
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Dans chaque mot, il y a la corde pour se pendre et le couteau pour la couper
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Des verbes au passif, on est passé aux verbes poussifs
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Devant la cage des fauves : Attention ! Chats méchants
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Au Vatican, l’Esprit Saint en uniforme de Garde suisse
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La guerre depuis toujours est une maladie contagieuse sans vaccin
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Beckett : bon qu’à ça, Cendrars, parce que, et si j’y pense, quoi d’autre
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Paradoxe : c’est en hiver que les forêts sont presque nues
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Soixante dix ans…et des poussières ! Mais on voit surtout la poussière
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Je suis un indolescent précoce !
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Il faut enculer les mouches car bientôt elles vous le rendront bien
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Quand le disciple est prêt, ce n’est plus un disciple
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Quand le maître est prêt, ce n’est plus un maître
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Le racisme sent toujours l’entrecuisse ; croiser les jambes ne suffit pas
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Petit chef deviendra grand comme la chèvre mange sur le tas d’ordures
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Aux filles on apprend les confitures, aux garçons à y mettre le doigt
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Il n’y a pas de sortie de secours au septième ciel
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Le vin nouveau fait exploser les vieilles outres. Saint Marc
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L’azur est l’angle mort du rétroviseur de s cieux
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Porter le deuil, c’est déjà faire un clin d’œil à la mort
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Chaque jour, la Terre recrache le soleil. Etonnez-vous du goût de vos nuits
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On dit peu de choses solides quand on cherche à en dire d’extraordinaires
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Ceux qui parlent avec les mains finissent par se mettre le doigt dans l’œil
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Il est trop tard pour mourir ; le mal de vivre est déjà fait
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Tout vient à point à qui sait être tendre
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Jardiner, au Moyen âge, voulait dire faire l’amour à la femme d’un autre
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Il faut arrimer la navette de l’alcool à la vieille station orbitale
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Ma mère me répétait : tu n’es pas encore sec derrière les oreilles
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La beauté : ce sentiment de la perfection moins quelque chose d’humain
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On met souvent les vieilles charrettes dans les mêmes granges
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J’aime la mort des ampoules ; elles claquent emportant le tout
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De la barbarie à la décadence, sans avoir connu la civilisation
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Depuis la ruée informatique, nous avons eu droit au webstern
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Ce n’est pas d’être nues mais dénudées qui les rend désirables
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