• l'oeil & la plume...

    texte jlmi          performance à sao paulo par Marcos Bulhoes et Marcelo Denny

     

     

    Les victimes abêties du consumérisme accrochées,

    tels des fantômes fatigués,

    à leurs chariots remplis d’illusions multicolores,

    perfection du rien, de l’absence ;

    de l’inachevé pour toujours.

     

    (sculpture poétique sur la petite Chartreuse de pierre péju)

     


    votre commentaire
  • Sculpture poétique de jlmi sur les dialogues des Ailes du désir    

    de Wim Wenders    

     

    le ciseau & la plume...  le pauvre chantre immortel

                                                                                                            ill. jlmi  2011/2020

     

     

    Pour abolir l’éternité

    tu butes sur tes couleurs.

    Mettre à part les couleurs.

    Dans une aquarelle de Paul Klee ?

     

    Quand commence le temps ?

    Au lieu de savoir, deviner, simplement.

    Laisser survenir le lever du bord du monde avec ses propres mots.

    Ne plus penser à rien, voir les visages.

    Juste voir les visages ; saisir peu de chose.

    A l’intérieur des yeux fermés, fermer encore les yeux.

    Alors même les pierres se mettent à vivre

    dans les taches des premières gouttes de pluie.

     

    La belle inconnue d’Albert Camus,

    comme le monde, paraît se noyer dans le crépuscule.

    des troubles du présent.

    C’en est fini du Grand Souffle,

    du Va et Vient

    de l’épopée de la Paix.

    L’Humanité perd son enfance.

    Où sont les miens, les obtus ?

    Ceux des origines ?

     

    Le pauvre chantre immortel

    sur le seuil du no man’s land

    se serait occupé de moi

    mouche enfermée dans l’ambre

    sans exiger de droit de passage

    entre les lignes du terrain vague

    C’est débile d’accord

    mais ça aussi c’est débile…

    «  Viens, je vais te montrer autre chose »

    Pourquoi tes pensées s’égarent-elles ?

    Le soir tombe dans ma tête. La peur…

    Arrêter ce rêve pas encore rêvé

     

    Les rondes, les signes et l’écriture jaillie du cercle…

    Seules les flaques du présent frémissent

    Seules les traces les plus anciennes mènent plus loin

     

    Tu dois trouver seul,

    c’est ce qu’il y a de beau !

    Marcher et voir. Lever les yeux et devenir le monde.

     

    Il était une fois… et donc il sera

    pauvre chantre immortel…

    car ils auront toujours besoin de toi plus que rien au monde

     

    oOoOo


    votre commentaire
  • texte jlmi                                                                   portrait de joyce mansour

     

     

    sculpture poétique de jlmi sur des textes

    de Joyce Mansour

     

    Au-delà des limites de la lumière

    De la froide incandescence lunaire

    Des ombres gantées de fumées

    Passent sous la pendule qui baille.  

    Je pense à toi comme je respire.

     

    A l’étal du couchant

    Aux arômes d’inexprimable

    Le pas pesant du silence

    Sur le crâne chauve de l’ennui

    D’un archipel d’insomnie

     

    Dans l’impalpable de la nuit

    L’œil malade d’images

    Attendant l’arrivée de l’incertain

    Cloître des rêves

    Dans les étages du passé

     

    Collée aux cloisons de l’attente

    La porte de la nuit est fermée à clef

    Horloge parlante de la vieillesse

    Ma bouche se veut tombe mais ne sait pas mentir.

    Je t’abandonnerai mon corps et tu le dévoreras

     

    Comme un spasme dans l’émonctoire d’une femme

    Un remous s’est produit dans la végétation

    Et l’homme s’est noyé dans la liqueur

    Aux fleurs brunies de mon ventre

    Tyrannique folie des timides

     


    votre commentaire
  • le ciseau & la plume : Ivre, il faut vivre ivre !

     

    sculpture poétique de jlmi sur des textes

    de Joyce Mansour

     

     

     

    Je rame dans l’affreux tintamarre des ivrognes

     

    Sur les eaux basses du pur ennui

    - Celui qui inventa l’ombre avant la lumière -

    Je sème les yeux à tous les vents

    Au trou de la serrure de la porte qui n’existe pas

    Minuit à perte de vue

    Oeillade de la lune sur la soie d’un paysage blanc

     

    Entre le cœur et l’éclair

    Pénétrer l’avenir par le toit…

    Sur des protons épileptiques

    Ma chanson roule vers l’exil

    La matière informe d’une petite insomnie

    Cancer mythique du temps passé

     

    Le jour blafard fait les cent pas sur le mur.

    Un long doigt de brouillard

    Gouaché de parfum

    Viens prendre possession de mon suicide

    Connaître l’offense de la mort agitée de vers ?

    Si les morts pouvaient contempler leurs têtes

    après quarante jours de silence…

     

    Ivre, il faut vivre ivre !

     

     

     


    votre commentaire
  • le ciseau & la plume... un ruisseau de solitude

    sculpture poétique de jlmi sur Thérèse & Isabelle de Violette Leduc                                                                  ill. jlmi 2012

     

    Faites que la nuit n’engendre pas la nuit.

    J’ai une pieuvre dans le ventre.

    L’amour est une invention épuisante.

    Elle flatte la nuit dans mes cheveux.

    La caresse est au frisson ce que le crépuscule est à l’éclair.

    Je vois sous mes paupières.

    J’écoute la lumière dans la caresse.

    J’entends un déluge de pierres.

    Mon corps prends la lumière du doigt comme le sable prend l’eau

    Puis, des mots soutirés au silence et rendus aux ténèbres de sa patrie de dormeuse.

    L’araignée me happe le sexe.

    Je me veux pierre, une pierre dont les yeux sont des trous

    Je vous regarde , je vous regarde lui crient mes yeux.

    Je suis fondue de chaleur comme un fruit, j’ai le même écoulement de liqueur.

    Mes chairs en lambeaux tombent sur des dentelles et finalement j’entends la rumeur des tragédies antiques.

    Je l’attends avec une pleureuse dans le ventre.

    A l’étroit entre les murs de ma joie, où pourrais-je user le temps ?

    Il tombe du crépuscule dans la traversée de l’essaim de sonorités, le temps guindé à l’horloge me caresse.

    J’entre dans un nuage, c’est une orgie de dangers.

    Elle piaffe dans le lit pendant que par timidité je pose nue dans les ténèbres.

    Je me lance dans un éboulis de tendresse, j’apprends l’infini dans mes formes, la pieuvre dans mes entrailles frémit.

    J’ai de la drogue dans les talons, ma chair visionnaire rêve.

    Je me sens toute neuve. Mon sexe, ma clairière.

    Je me veux une machine qui ne soit pas machinale.

    Je vois avec les yeux de l’esprit la lumière dans sa chair.

    Deux rosaces s’épousent…

     

    Nous créons la fête de l’oubli du temps, nous roulons enlacées sur une pente.

    Nous cessons de respirer pour l’arrêt de vie et l’arrêt de mort.

    Vivantes, allongées, flottantes, séparées, recueillies… qu’il est frais le ruisseau de solitude.

    Nous sommes ruisselantes de lumière.

    L’aube sera notre crépuscule d’une minute à l’autre.

     

     

     

     


    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique