• l'oeil & la plume...

    texte cathy garcia                                                                ill. Victor Nizovtsev

     

    D’une main l'amour nous donne des ailes, mais dans l'autre, il tient une paire de ciseaux...

    Ces ailes qu'il nous donne, ne sont pas destinées à nous protéger, ni à fuir, ce sont des ailes pour voler ! Il n'est pas donné à beaucoup de savoir bien s'en servir... 

    Certains vont trop haut, trop vite et tel Icare, leurs ailes fondent au soleil. D'autres se jettent impunément du haut des falaises, mais au dernier moment ne savent pas ouvrir leurs ailes... Par peur, par manque de confiance ?

    D'autres encore s'empêtrent dans des ailes trop grandes pour eux, et il y en a même qui en ont de si petites, qu'ils n'ont aucun espoir de décoller, ne serait-ce que de quelques centimètres ! 

    Je voudrais pouvoir voler de mes ailes d'amour, mais elles sont si belles que je n'ose pas les toucher. J'ai peur de les abîmer au cours d'un vol trop désordonné... 

     

    in Journal 1996

     

     


    1 commentaire
  • l'oeil & la plume... le Méneto des archers de Shu... extrait subjectif

    texte Werner Lambersy                              Mark Rothko n°46 - 1957

     

     

    ...

    Plus tard

    Quand plus tard ne voudra plus

    Rien dire

    ...

     

     

    in le Mémento du Chant des archers de Shu

    acheter ici

     

     


    votre commentaire
  • l'oeil & la plume...

    texte & photo Louise Erdrich

     

    Life will break you. Nobody can protect you from that, and living alone won’t either, for solitude will also break you with its yearning. You have to love. You have to feel. It is the reason you are here on earth. You are here to risk your heart. You are here to be swallowed up. And when it happens that you are broken, or betrayed, or left, or hurt, or death brushes near, let yourself sit by an apple tree and listen to the apples falling all around you in heaps, wasting their sweetness. Tell yourself you tasted as many as you could.” 

     

     

     

    La vie te brisera. Personne ne peut te protéger de cela, et vivre seul non plus, car la solitude te brisera aussi avec sa nostalgie. Tu dois aimer. Tu dois ressentir. C'est la raison pour laquelle tu es ici sur terre. Tu es là pour risquer ton cœur. Tu es là pour te faire avaler. Et quand il arrive que tu sois cassé, trahi, ou abandonné, ou blessé, ou que la mort balaye tout près, assieds-toi près d'un pommier et écoute les pommes tomber en tas tout autour de toi, dilapidant leur douceur. Dis-toi que tu en as goûté autant que tu as pu.

     

     

     

    (traduction cg) 

     

     

     

     


    votre commentaire
  • l'oeil & la plume...  ce qui tua des hommes

    texte Edna St. Vincent Millay                                    ill. jlmi2021 d'après tobbogan

     

     

    Tu n'as pas plus d'attrait que n'en ont les lilas

    Ou bien le chèvrefeuille, et tu n'es pas plus belle

    Que les jeunes pavots dans leur blancheur nouvelle.

    Et, bien que devant toi, je m'incline très bas,

     

    Ta beauté, je la puis supporter. Mais mes pas

    A droite, à gauche, vont, et mon regard chancelle,

    Car je ne trouve pas de refuge contre elle.

    Ainsi le clair de lune imprègne mon cœur las.

     

    De même que celui qui, dans sa coupe, ajoute

    Au délicat poison chaque jour une goutte,

    Jusqu'à boire dix fois la mort impunément,

     

    Habituée à ta beauté, je la consomme

    Dose augmentée ainsi de moment en moment,

    Et bois sans en mourir ce qui tua des hommes.

     

     


    votre commentaire
  • l'oeil & la plume... rêve en vrac

    texte & ill.  jlmi

     

                                                                                                    ’' J 'écris pour me taire’’  Ph. Léotard

     

    A la fenêtre ce matin

    elle se dessine sous la dentelle

    et mes yeux sont sur elle.

     

    Tendresse épidermique.

    « Mets ta main où sont mes doigts ! »

    Parfum de fille troublée

    dans la musique du silence.

     

    Là où commence la grande faille,

    je vais, fouille et trouve...

    Calligraphie de jambes et de bras

    Idéogrammes des corps.

     

    Torque de son cou étoilé de sueur

    Arc luisant de son torse contorsionné

    Pectoral sacré de ses seins

    Orgues de calcite de ses jambes à mon cou

     

    Coupe d’ombre d’entre les cuisses

    Pinceau souple de ma langue

    Feu de sel sous le délicieux velours

    Filage des soies de sucs

     

    Parfums mouillés de pré brouté entre sueur et rosée

    Religion de cris et de supplications.

    Moiteurs d’orgasme de son gémissement enfin lisse

    «  Ça a toujours été mieux avec toi... »

     

    Toutes ces excuses inutiles de nos retrouvailles...

     

    Musique antalgique.

    Et maintenant ?

     

    Odeur d’une ombre rousse.

    Bruine de bruits d’eau.

     

    Frottements des voix.

    Mots étoiles mortes.

    Courbure du silence

    au lent étirement des sons.

     

    Cendres bleues de l’air

    peignées d’un soleil dispersé.

    Ombre d’une odeur.

    Battements de cils.

    Silence immobile.

     

    Photo de hasard au fond d’un tiroir :

    Ut ultime des corps en noces blanches

    Loques chaudes du sommeil. Encens des couleurs...

     

    Testament trouble des traces.

    Regard dissous d’une voix transparente.

    Coup de grâce d’un silence.

     

    Le sexe cicatrise mal...

     

    Ne plus y penser.

    Mort du silence. Rester de glace.

    Voix crucifiées dos à dos

     

    « D’où qu’elles viennent les nouvelles sont mauvaises...

    tu as vu ?...

    l’homme est pire qu’un animal ! Non ? »

    Rester sourd. Cœur transi.

     

    Signes épars de l’espace

    dans les plaies à vif du vent d’avant.

     

    Nez écrasé sur la vitre.

    Buée.

    Vertige des contours flous.

    Trait d’un doigt.

    Sillages lacrymaux...

     

    Effacer les miroirs d’angoisse du vitrail.

     

    Je ne suis pas ce qu’on attend de moi

    et partout çà fait mal.

    Mal...

     

    ... mais pas d’autre vide en moi que moi.

     

    In Autopsie d’un Vivant

     


    1 commentaire



    Suivre le flux RSS des articles
    Suivre le flux RSS des commentaires